Travailler à des événements durables
Durant le Congrès BEA était organisé le lancement de la BESA, l’association des fournisseurs événementiels belges. Un mois plus tard, la fédération avait déjà à son actif un second kick-off important: la première session BESA. Dix fois par an, la BESA convie ses membres, et toute personne intéressée, à une conférence ou un workshop thématique en rapport avec l’univers des fournisseurs événementiels…
Le 23 mars dernier, Auvicom accueillait la toute première session BESA. Sans grande surprise, le thème choisi pour cette première session n’était autre que celui qui domine l’actualité depuis plusieurs années: l’écologie. Quelques dizaines de membres et non membres sensibles au sujet ont convergé vers Beersel-Dworp à la rencontre de trois orateurs qui ont abordé divers aspects de ce thème durant une session de deux heures baptisée “Green Events – where are we today and what will the future bring?”.
Présidence durable
Bart Vandermosten du Service Public fédéral de Programmation Développement Durable (SPPDD) s’est vu échoir l’honneur d’inaugurer cette session. Il a entamé le programme en remplaçant le mot ‘vert’ par la notion ‘durable’. “Il est important d’ajouter une composante sociale à cette conception écologique. Ce n’est qu’alors que nous pourrons réellement parler de durabilité. La durabilité implique plusieurs notions, dont le droit pour chacun de jouir d’un standard de vie acceptable – y compris les générations à venir. Lorsque l’on sait que 20% de la population mondiale est responsable de 80% des pressions exercées sur l’environnement, cela donne une idée de l’étendue de la responsabilité de l’Occident. Il s’agit donc maintenant de dissocier cette qualité de vie de conséquences écologiques et sociales spécifiques”.
Le service public de coordination SPPDD a pour tâche de soutenir le gouvernement fédéral grâce à son expertise afin d’améliorer la durabilité de la gestion. Une approche qui peut être appliquée aux événements. “Plusieurs études ont démontré que les gens polluent et consomment davantage dans le cadre d’événements que dans leur cadre domestique. Le potentiel d’optimisation écologique est donc très important. Le développement durable ne doit pas forcément être perçu comme négatif. Il s’agit avant tout d’innovations et d’opportunités...“
Le gouvernement fédéral s’est d’ores et déjà proposé de donner l’exemple en matière d’événements durables. La Présidence Européenne et les événements qui l’entourent forment une occasion idéale de joindre le geste à la parole. “Nous nous sommes efforcés de développer une série d’instruments simples destinés aux organisateurs d’événements. Nous avons mis au point une charte par laquelle l’organisateur s’engage à garantir le caractère durable de l’organisation. L’autorisation de porter le logo de la présidence de l’UE dépend de la signature de cette charte. D’autre part, nous avons rédigé un manuel rassemblant différentes informations sur ce thème. Ce manuel et la check-list qui l’accompagne sont disponibles sur www.sustainablepresidencyevents.be . Nous avons également un calculateur de CO2, permettant d’obtenir aisément une idée de l’impact écologique de l’événement”.
L’empreinte écologique, véritable boussole
Après le gouvernement fédéral, la parole était à Marc Bontemps d’Ecolife asbl. Au cours des 13 dernières années, cette organisation s’est spécialisée dans le calcul de l’empreinte écologique d’entreprises, de pays et d’événements. “Nous essayons de réaliser un cliché écologique de l’entreprise, du produit ou de l’événement. Cette photo nous apprend énormément et nous permet de concevoir un processus pour réduire l’impact sur l’environnement. Lorsque l’on a déterminé ce que l’on souhaite prendre en compte et les thèmes sur lesquels on souhaite travailler, on peut alors mesurer une valeur zéro. De là, vous devez vous employer à bien comprendre les tenants et les aboutissants et à définir les grands thèmes. Sur cette base, on peut établir un plan d’action, au cœur duquel l’empreinte écologique fonctionne comme une boussole. Réaliser une nouvelle image chaque année vous permet d’avoir une bonne idée de votre évolution. Vous pouvez alors également évoluer de manière systémique et établir des objectifs sur plusieurs années”.
“Au niveau des événements, nous notons de grandes différences. Naturellement, il n’est pas possible de comparer le festival Rock Werchter avec un petit événement local, mais en dehors de cela, vous devez également procéder au cas par cas. Interroger les participants à l’événement peut vous aider à voir dans quelle direction redéfinir la trajectoire”.
Pour terminer, Marc Bontemps a évoqué une autre possibilité de collaboration avec la BESA. “De nombreux organisateurs s’adressent à nous pour demander des produits et matériaux écologiques. Une demande à laquelle nous ne pouvons pas toujours accéder. Il serait peut-être intéressant de réaliser un inventaire de cette offre via la BESA”.
Charte Européenne
L’intervention du dernier orateur de la session, Philippe Leguével, répondait peut-être déjà partiellement à cette demande de Marc Bontemps. Philippe Leguével est en effet co-fondateur de la fédération Eco-Prestataire. Cette nouvelle plate-forme souhaite regrouper les fournisseurs techniques souscrivant à des principes écologiques spécifiques. La charte européenne qui l’accompagne est actuellement en cours de rédaction. “Nous souhaitons provoquer une véritable réflexion chez les personnes impliquées, avant qu’elles réalisent un projet ou un investissement. Néanmoins, la charte se compose essentiellement d’éléments logiques. Il est extrêmement simple, par exemple, d’organiser un système de covoiturage pour les équipes techniques mais cet aspect est encore trop rarement mis en pratique. Il en va de même pour la réutilisation des ampoules ou les batteries rechargeables. D’autres aspects exigent des efforts plus importants. Ainsi, pour les projets impliquant des déplacements de plus de 300 km, nous proposons de laisser des entrepreneurs locaux s’en charger. Un échange européen de matériaux doit être possible”.
La fédération Eco-Prestataire est ambitieuse et réaliste à la fois. “Nous n’avons pas de solution miracle. Certains aspects ne pourront se mettre en place qu’à long terme. Mais il y a une série de choses simples que l’on peut mettre en œuvre dès aujourd’hui. Chacun a bien conscience qu’il est capital de faire quelque chose, mais peu de gens y travaillent réellement. Avec Eco-Prestataire, nous souhaitons créer une impulsion dans ce sens”, conclut Philippe Leguével.

